deschamps

Artisan cardinal du succès des Bleus lors du premier tour de la Coupe du Monde, Didier Deschamps, 45 ans, s’affiche à mesure que les années s’égrainent et en dépit de glorieux prédécesseurs, comme le meilleur entraîneur que la France n’ait jamais connu.

Avec son petit mètre soixante-quinze, ses dents toutes rabotées, en bref, avec sa dégaine de gentil monsieur Tout-le-monde, Didier Deschamps ne paye pas de mine. Sans le connaitre, on lui mettrait presque une bonne tape sur le dos à ce brave Didier… Mais qu’on ne s’y trompe pas, s’il s’exprime de surcroît sans véritable éloquence, avec de risibles sautes de diction parfois, il n’en demeure pas moins un cador de son art. Un entraîneur qui compte et qui assurément comptera encore longtemps dans le paysage footballistique mondial.

Certes il n’a rien inventé, rien théorisé de la science du jeu. Il ne sera jamais un doctrinaire, un génie borné comme le furent en leur temps Sacchi, Zeman, Herrera, Télé Santana ou Rinus Michels ; ou comme l’est aujourd’hui Pep Guardiola. Deschamps c’est un pragmatique. Un rigoureux pragmatique qui a fait son miel d’un vécu hors du commun pour devenir une machine minutieusement réglée, inlassablement programmée à prendre les bonnes décisions et à aspirer le succès…

Si bien qu’aujourd’hui, après treize ans d’insolente réussite sur absolument tous les bancs qu’il a fréquentés, contredire ses choix prédestine irrémédiablement à admettre qu’au final il avait raison, et donc à fermer sa gueule. A faire cou-couche panier… Il convient de l’écouter sagement en attendant d’applaudir. Quand il perd c’est toujours contre bien plus fort que lui ; rarement contre plus faible ou contre une force égale.

Elevé à la mamelle de la flamboyante école nantaise puis ciselé dans le froid réalisme de l’obédience « lipienne », Deschamps a gagné avec tous les systèmes tactiques actuellement en vigueurs : fût-ce son 4-4-2 à plat ambitieux de l’époque monégasque, le très hybride 3-5-2 régulièrement utilisé à la Juve, l’austère 4-2-3-1 à l’OM, et le 4-3-3 qu’il privilégie le plus souvent avec l’Equipe de France.

En 2004 avec son petit Monaco, avant de finalement s’incliner en finale de la Ligue des Champions face au Porto de Mourinho, il a dompté l’Europe entière ; surclassant tour à tour cette année-là le Real des Galactiques, le Chelsea d’Abramovich, le « SuperDepor » de Javier Irueta ou encore le PSV Eindhoven de Guus Hiddink et Arjen Robben…

 

Avec Fernando Morientes

Avec Fernando Morientes

 

(le parcours mythique en LDC 2003/2004)

 

En 2007, il fait remonter la Juve en Serie A, presque en claquant des doigts, en à peine dix mois ; certes avec Buffon, Del Piero, Nedved et Trezeguet à disposition, mais avec neuf points de pénalité au départ, infligés suite au scandale du Calciopoli… Quelque peu méprisé par les dirigeants turinois, il s’en est ensuite allé, à son train de sénateur, offrir à l’OM ce si volatile titre de Champion de France qui le fuyait depuis près de dix-huit ans; toujours en gardant à l’esprit qu’il aurait un jour rendez-vous avec la destinée des Bleus…

C’était en tous les cas écrit quelque part qu’au sortir d’une campagne de qualifications laborieuse, la France poinçonnerait son ticket pour le Brésil sur un exploit singulier et chasserait par-là même le complexe démoniaque qui la brimait depuis six longues années. Sans qu’on ait rien vu venir, « La Desh » s’est engouffré dans la brèche. Il a redonné corps à une équipe de morts-vivants, et comme par miracle ses choix, si souvent jugés saugrenus, sont apparus aussi limpides que lourds de sens…

Se passer de Samir Nasri, faire de Patrice Evra son leader charismatique, introniser Pogba et Varane, ou encore témoigner sa confiance indéfectible en Moussa Sissoko et Karim Benzema (resté muet sous la tunique tricolore pendant 1200 minutes consécutives), apparaissent aujourd’hui comme des choix incontestablement opportuns.

Tout comme sa volonté d’installer Matthieu Valbuena aux commandes du jeu ; un joueur qu’il avait mis du temps à apprécier au début de sa période marseillaise, sur lequel il s’est humblement ravisé, comprenant parfaitement qu’en cette période de creux générationnel, « Petit Vélo » devait être à l’Equipe de France ce que la démocratie est aux autres régimes politiques, non pas le meilleur mais le moins pire…

Sauf élimination piteuse en huitièmes de finale contre le Nigeria, la France a d’ores et déjà réussi son Mondial et au pire nous aura laissé entrevoir de jolies promesses dans la perspective de l’Euro 2016. Pour le reste, on a le sentiment qu’avec la baraka légendaire de ce maître marionnettiste et lorsqu’on constate l’extrême homogénéité des forces présentes dans ce mondial brésilien, on peut se prendre, pourquoi pas, à rêver du meilleur.

 

Sourire Colgate…

Sourire Colgate…

 

 

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One thought on “Tout ce qu’il touche devient de l’or”

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